Fédéralisme allemand : l’égalité déchante

Article : Fédéralisme allemand : l’égalité déchante
2 septembre 2013

Fédéralisme allemand : l’égalité déchante

Peut-on parler de la politique allemande quand on vient de France ? Est-ce compatible avec la sacro-sainte « amitié franco-allemande », qui au niveau des gouvernement se réduit surtout à un « on la ferme, et on met les différends sous le tapis » ? Je réponds d’emblée oui sans argumenter, sinon il n’y aura pas d’article à écrire. Parler du fonctionnement de l’Allemagne quand on est français peut vite virer à la comparaison conflictuelle entre un modèle français désormais introuvable et le fameux « modèle allemand »; modèle qui a fini par devenir une espèce de foire désordonnée, où s’exprime la germanophobie à divers degrés, mais ce n’est pas le sujet de l’article.

Cette comparaison ne sera pas mon angle d’attaque : m’étant installé par choix à Berlin durant les années Sarkozy, je regarde la politique de mon pays d’accueil pour elle-même, sans chercher à comparer. D’ailleurs, il faut que je le précise, en tant que français désespéré de la centralisation de mon pays d’origine, je pense a priori beaucoup de bien du fonctionnement fédéral, pour différentes raisons que je ne détaillerai pas ici. Pour autant, j’en vois également les défauts, le principal étant le chacun pour soi érigé en règle de fonctionnement (Un proche, qui demandait il y a quelques années à un entrepreneur du sud de l’Allemagne pourquoi son entreprise n’investissait pas à Berlin, avait eu cette réponse : « Dans le Land, on peut faire des investissements affectifs. Ailleurs, il faut que ça rapporte. Et Berlin, ça ne rapporte pas, alors on n’y va pas ». Cette anecdote date d’il y a quelques années et on peut se prendre à être inquiets pour Berlin à l’idée que cette réalité ait changé).

Ce qui nous amène au sujet de cet article : le Länderfinanzausgleich. Kesako ? Pour le dire vite, c’est un mécanisme de solidarité financière existant depuis 1950, exigeant des Länder les plus riches qu’ils versent de l’argent aux Länder les plus pauvres. Le but est, selon la loi allemande même, « d’accorder la puissance financière des différents Länder ».

Avant toute chose, on notera la douce ironie, qui veut que l’Allemagne pratique à l’intérieur de ses frontières une solidarité que la délicieuse chancelière Merkel se refuse d’appliquer à l’échelle de la fédération européenne. Ce qui prouve que l’Allemagne, à l’instar de la France et d’autres pays, ne sont prêts à envisager l’Europe que sous l’angle de la libéralisation des échanges commerciaux et absolument pas sous l’angle d’une souveraineté européenne; quoi qu’on fasse, on en retombe toujours sur cette aporie pourrie des « États-nations », en Allemagne comme en France et comme dans tous les pays européens.

Pourquoi parler de ce mécanisme de solidarité financière ? Parce qu’il fait régulièrement l’actualité, surtout en période électorale et pré-électorale. Effectivement, le Länderfinanzausgleich fait hurler régulièrement les Länder les plus riches (certains plus que d’autres).

Si Berlin polarise fortement l’attention dans ce débat, c’est pour une raison simple : aucun ne reçoit autant d’argent par le biais de ce système de compensation. Outre le fait d’énerver régulièrement les Länder les plus riches, qui vont pour certains d’entre eux jusqu’à introduire des recours réguliers auprès de la cours constitutionnelle de Karlsruhe, cela alimente également, dans la capitale même et à la une des journaux d’Axel Springer, l’éternel débat entre riches et pauvres, les seconds étant censés par essence détester viscéralement les premiers tout en profitant, via les aides sociales, de leur travail besogneux. Pour faire court, Berlin est éternellement accusée de se la couler douce sur le dos des autres, en développant notamment un assistanat éhonté envers les pauvres et les artistes (qui sont parfois les mêmes). Un débat biaisé, comme je vais essayer de le démontrer.

L’argent est un trou de mémoire

La première raison pour laquelle ce débat est biaisé est historique. Dans la vie (fédérale), il y a deux types de Länder : le Nehmerland (receveur) et le Geberland (donneur). Ce sont là deux mondes qui s’affrontent, et pas seulement du point de vue du tiroir-caisse : une observation de l’évolution dans le temps montre en effet (mais peut-on être surpris ?), que le groupe des Nehmerländer englobe la totalité des Länder de l’ancienne Allemagne de l’Est, plus les villes-régions que sont Berlin et Bremen, rejoints par Hamburg en 2012.

Dans le cas de Berlin, la désagrégation du tissu industriel a été, sans aucune contestation possible, provoquée par la scission des deux Allemagne, provoquant le départ d’entreprises telles que Siemens, AEG et consorts.

Berlin-Ouest a dû son salut aux services, et notamment à cette fonction publique que les libéraux se plaisent aujourd’hui à qualifier de pléthorique comme si cela avait relevé d’une volonté ex-nihilo.

« Oui mais on ne peut pas éternellement tout expliquer par l’histoire » : voici ce que j’ai entendu plusieurs fois en évoquant le sujet. Très bien. Vouloir situer l’économie dans une perspective anhistorique, en limitant la compréhension à une simple logique recettes-dépenses au temps T est un des travers des libéraux et ultra-libéraux, l’autre travers étant de bâtir un système de pensée sur une corrélation entre richesse obtenue et mérite, ce qui ne vaudrait que dans une société d’égalité des chances à la naissance. C’est pourquoi l’ultra-libéralisme relève pour moi au mieux de la faute morale, au pire de la bêtise barbare la plus crasse (je distingue le libéralisme du capitalisme : maudire Friedman et ses disciples n’entraîne pas le rejet de Keynes, bien au contraire).

Mais commençons par laisser la morale de côté, et examinons de plus près les conséquences du changement qui est exigé par ceux qui se sentent lésés par Berlin. Et voyons en quoi ce qui est en jeu à Berlin est symbolique à  l’échelle d’une ville et d’un pays, de la ligne de fracture qui traverse actuellement l’Europe.

L’Allemagne, aimez-là ou quittez-là

L’argument souvent entendu est que le Finanzausgleich dissuaderait les Länder prospères d’innover encore pour devenir plus riches encore. Ce qui veut dire en d’autres termes que ce qui gêne, c’est que ceux-ci soient empêchés de passer de très riches à immensément riches. Les pauvres !

C’est toujours un peu décevant de constater que le niveau d’argumentation des responsables politiques avoisine parfois celui des Gad Elmaleh et Danyboon en tout genres, qui se plaignent à longueur de temps de travailler la moitié du temps pour les impôts. Les Länder ne veulent pas payer ? Très bien.

En toute logique, le refus de solidarité devrait entraîner pour celui qui la demande une rupture d’accès à tous les mécanismes fédéraux. La Bavière (dont le vrai nom est, rappelons-le, l’Etat Libre de Bavière, Freistaat Bayern en allemand dans le texte. Ca ne s’invente pas), ne bénéficierait plus, par exemple, comme d’autres Länder riches du sud de l’Allemagne, de la péréquation énergétique dont elle a pourtant tant besoin, notamment sur le plan des énergies renouvelables : dans un réel État Libre de Bavière, le reste de l’Allemagne pourrait se sentir autorisé à vendre aux bavarois l’électricité au prix fort. A l’heure où la chancelière a décidé (par pur calcul politique mais passons) d’arrêter le nucléaire… Tiens, là tout à coup, ça le fait moins…

Et puis s’il faut faire, malgré tout, un peu la morale, on rappellera quelques exemples éloquents : Peter Hartz, inspirateur des lois dégueulasses qui portent son nom (j’y reviens plus loin), est tombé pour une affaire de corruption. Quant à Uli Hoeness, Président emblématique du non-moins emblématique Bayern München, il a été impliqué récemment dans un scandale de dissimulation fiscale portant sur plusieurs millions, couvert un temps par la CSU, le parti qui, tiens tiens, exige de Berlin un peu plus de rigueur. Amusant, non ?

De là, on peut déduire d’une part que la question de la solidarité entre les Länder recoupe la question de la solidarité entre les individus, et d’autre part que la problématique n’est pas une question de recettes-dépenses, mais bien une opposition franche entre deux modèles : un modèle de solidarité et un modèle de soumission. Or, contrairement à ce qui ressort trop souvent des discussions de comptoir, il n’y aurait pas d’un côté le capitalisme qui veut créer de la richesse, et de l’autre le « socialo communisme » (pour parler comme les fascistes) qui voudrait condamner tout enrichissement.

Qu’est-ce que le travail ?

Sans même parler d’un changement total de système, il est évident qu’au sein même de ce modèle de société fondée sur la consommation, la question centrale est celle du travail, de son coût et de son utilité. Il faut pour cela sortir également de l’opposition entre « ceux qui veulent travailler » et « ceux qui veulent être assistés », parce que les frontières de la misère sociale ne sont pas tracées aussi clairement, rappelant sur ce point les incongruités violentes du tracé du mur de Berlin.

Si l’on prend les lois Hartz et la précarisation généralisée du travail qu’elles ont entraîné en Allemagne, on voit bien qu’à partir d’un constat de bon sens (remettre le plus rapidement possible les gens au travail), on a abouti à une atomisation de l’équilibre social. Qui plus est, les bénéficiaires du Hartz IV (l’équivalent allemand du R.S.A) se sont retrouvés enfermés dans une forme extrêmement sévère de contrôle social, quasiment sans aucune possibilité de sortie. La lutte contre le chômage volontaire (sic) a paradoxalement conduit à un enfermement dans les aides.

Sortir de ce cercle vicieux, que les analystes, notamment français, minorent parfois du fait des bons résultats macro-économiques de l’Allemagne, nécessite de redéfinir fondamentalement la notion de travail, et l’idée de rémunération qui lui est associée. Ceux qui s’intéressent aux solutions alternatives me voient venir : oui, ce qui se pose au niveau européen et même mondial est la question du revenu de base (cf. Revenudebase.info), c’est-à-dire la possibilité pour chacun de bénéficier d’un revenu fixe, indépendant de son activité, lui permettant de vivre dignement. Si l’article était sonore, on entendrait à ce moment-là les choeurs de l’armée ultra-libérale entonner le refrain « ils ne veulent déjà rien foutre, en plus maintenant ils voudraient un salaire ». Je profite que cet article soit muet pour développer. Redéfinir le travail revient à redéfinir la solidarité elle-même, c’est-à-dire considérer qu’il y a tout une partie de l’activité citoyenne qui produit du lien, de l’entraide, et peut donc être considérée comme un travail. A ce titre, l’éducation des enfants est également en soi un travail, tous ceux qui ont des enfants peuvent s’accorder à le reconnaître. Mais à l’inverse de la CDU qui veut remettre les femmes à la maison en leur accordant une aumône, l’idée d’un revenu de base rendrait indistincte la responsabilité de l’éducation : père, mère, famille, amis pourraient se partager la prise en charge de l’éducation des enfants. C’est, de manière très light, ce qui se passe souvent à Berlin, quand des adultes se soucient des enfants des autres dans l’espace public.

Bon, tel que je suis parti, les plus « travailleurs » se diront que mon raisonnement est celui d’un oisif. Plutôt que de me justifier sur ce point, je citerai simplement l’exemple d’un autre dangereux anarchiste oisif : Götz Werner, fondateur des magasins DM, qui permet de sortir de l’opposition classique et si arrangeante entre travailleurs et entrepreneurs. Voilà un homme qui a toujours refusé de considérer ses salariés comme des « coûts », et a bâti un système de fonctionnement accordant une relative autonomie magasin par magasin, y compris sur la gestion des salaires. Cet homme, immensément riche et qu’on peut difficilement considérer comme un ennemi du travail, a affirmé publiquement que les lois Hartz relèvent de l’esclavage. Voilà quelqu’un qui se situe dans le champ de l’économie capitaliste et affirme pourtant que la responsabilité et la solidarité doivent primer sur l’accroissement infini et irraisonné de la richesse. Cet exemple précise également l’idée selon laquelle le travail n’est pas en soi un asservissement, et qu’il faut le distinguer de la valeur-travail (voir sur ce point l’article suivant sur le revenu de base: Réponse aux objecteurs décroissants)

2013, année de la b…. ?

Retour sur le Länderfinanzausgleich. 2013 aura vu la modification du système de péréquation, corrélant désormais le montant de l’aide au nombre d’habitant. Berlin y perd, l’augmentation de sa population étant plus faible qu’attendue. A l’inverse, le Baden-Württemberg se retrouve à payer plus; pourtant, on ne les a pas entendu hurler avec les loups de Bavière et de Hesse. Curieux.

Les élections générales allemandes à venir mettent abondamment en avant les questions liées à l’égalité et la solidarité, chacun tirant dans le sens qui lui convient. La droite s’illustre sur ce point. La CDU pardon, Angela Merkel, qui a tiré à elle tous les arguments de ses concurrents comme si elle allait les mettre en oeuvre, caracole en tête. Quant aux libéraux, ils obtiennent la palme du jeu « on rase les riches gratis demain », avec des arguments tels que « La liberté plutôt que l’interdiction » et « plus de courage, plus de marché, plus de liberté » ou encore, palme de l’odieux, « supprimer la solidarité. Soulager l’Allemagne ».

Déjà, il est remarquable de constater comment ces derniers confondent, sciemment, « interdiction » (Verbote) et « devoir » (Pflicht). Par interdiction, ils désignent tout ces mécanismes nuisibles qui « freineraient » la fibre entrepreneuriale : les charges sociales excessives, l’interdiction de licencier, les conventions collectives, les aides sociales, que sais-je encore… Or chacune de ces choses est précisément liée à la régulation des inégalités, non pour obtenir que tout le monde ait la même chose, mais pour que personne ne soit laissé au bord du chemin. Et on voit bien qu’en l’état ça ne suffit pas, que ce soit en France ou en Allemagne. Cette chose immonde s’appelle la solidarité, grâce à laquelle une société démocratique ou prétendue telle tient debout.

En réalité, leur argument de liberté ne peut se valoir, je l’ai dit plus haut, que dans un monde où règne l’égalité des chances et où la réussite ne découlerait que de l’effort et du mérite individuel, sans autre facteur variable. C’est l’absence d’une telle situation d’égalité qui justifie que la solidarité s’impose à proportion des contraintes qui s’exercent. Le but est alors d’atteindre, sinon l’égalité, au moins l’équité. Mais les libéraux sont têtus, ils opposent obstinément « liberté » et « égalité ».

Ce qui vaut pour les individus vaut pour les régions, et spécialement pour Berlin, qui a dû ces vingt dernières années assumer frontalement, tant sur le plan urbain qu’économique et social, dans le contexte extrêmement défavorable décrit plus haut, une reconstruction titanesque à la fois comme ville, comme région et comme capitale fédérale. Ce triple niveau est indéniablement la source des tiraillements paradoxaux que connaît le développement de la ville, confrontée à des diktats de développement aux rythmes asynchrones . Les contempteurs de Berlin ne savent pas toujours très bien choisir à quel niveau porte leur critique : Berlin coûte trop cher, point! C’est tellement plus simple comme ça. Et peu importe si les bavarois font partie par ailleurs de ceux qui achètent Berlin à la découpe pour spéculer : l’argent est un trou de mémoire, je l’ai déjà dit !

Ce qui m’amène à penser que ce débat est un faux débat : la question de la solidarité n’est pas à mettre en lien avec les questions de bonne ou de mauvaise gestion des Länder bénéficiaires: cela relève d’un choix collectif, un choix de société. Rien de moins. Tout autre argument relève soit de l’hypocrisie, soit de la bêtise.

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Commentaires

Stan
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Bon article.. on se voit à la manif du 14 septembre pour le revenu de base alors ? ;-)

berlindependant
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Mais j'y compte bien, Stan ! Je ne resterai pas longtemps parce que je bosse, moi monsieur ! (je plaisante, mais c'est vrai qu'il faudra que je parte rapidement). Mais j'y serai.

HERON Bernard
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Excellent article que je fais circuler. Malheureusement je ne serai pas de retour opérationnel avant le 17. En revanche j'ai de nouveau accès à internet. A bientôt.

berlindependant
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Merci Bernard pour vos encouragements. A bientôt.

ak47
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Pas d'accord avec le fait suivant: vous prêtez aux libéraux la haine du principe du Revenu de base (Grundeinkommen). Mais c'est exactement le contraire!!

Le Revenu Fondamental est une idée défendue par Alain Madelin je rois, et reprise par l'oubliable Sabine Hérold si je ne m'abuse. Aujourd'hui, ces has-been ont certes disparu mais l'idée a été adoptée par les ultra-libéraux Piraten, cher Monsieur Adjedj.

berlindependant
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Ak 47, merci d'avoir ressuscité Madelin ! Nous partageons un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître :-). Mais à part ça, et sans nier qu'il y a débat et dissensions à gauche sur le sujet, le revenu de base défendu par la droite en général et les libéraux en particulier est bien différent dans sa philosophie et dans son échelle. En effet, là où à gauche, la logique s'appuie notamment sur une inéluctable contraction du marché de l'emploi et la nécessité de repenser ce qu'est le travail, les libéraux le considèrent comme un appoint (500€ par mois pour un majeur) en contrepartie de la suppression totale des aides sociales, dans le but de favoriser l'audace entrepreneuriale. Donc dans cette logique, on ne prend pas acte de la modification du monde dans lequel on vit. Je ne parle même pas des misérables propositions façon Boutin (300€ par mois). Ni celles du FN.

Le seul qui s'en est un peu rapproché, c'est Villepin dans son programme avorté de 2012; mais lui entendait imposer un engagement citoyen au lieu de compter sur le libre arbitre.

Pour le parti pirate, que vous qualifiez d'ultra-libéraux, je suis perplexe, mais vous pourrez peut-être m'éclairer (après, je connais mieux le parti pirate allemand que français).

OlivierAuber
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C'est bon d'avoir une explication de texte en franzousich, merci ;-)

berlindependant
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Danke Schön ! :-)

serge
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"Mais les libéraux sont têtus, ils opposent obstinément « liberté » et « égalité »"
excellent texte. cette phrase que je reprends est très juste, d'ailleurs, Norberto Bobbio, un intellectuel italien que j'admire bcp a dédié toute sa vie à trouver l'équilibre tant sur le plan théorique que pratique entre liberté et égalité.

J'espere te relire bientot

berlindependant
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Merci Serge pour la référence : je ne connaissais pas Norberto Bobbio mais après un rapide coup d'oeil, c'est visiblement un manque. Si ça te dit, j'ai écrit un autre article dans la même veine, quoique plus orienté spectacle : https://www.festivalier.net/2013/08/revenu-de-base-education-populaire-et-creation/

A bientôt.